Analyse des thèses en écologie du paysage et écologie spatiale
en France depuis 1985
Volet 4 – Milieux, groupes taxonomiques et niveaux de biodiversité étudiés
Objectif
A partir d’une recherche de termes employés ou renseignés par les auteurs dans les champs ‘titre’ et ‘mots-clés en français’, l’objectif de ce volet 4 est de décrire quel types de milieux, groupes taxonomiques et niveaux de biodiversité ont été étudiés dans les 705 thèses extraites de la base https://theses.fr.
Méthode
A partir des 40 termes recherchés dans le volet 3, nous avons isolé 11 termes qui permettaient une analyse de la répartition des thèses selon le(s) type(s) de milieu (4 termes), le(s) groupe(s) taxonomique(s) (3 termes) et le(s) niveau(x) de biodiversité étudiés (4 termes).
Résultats
La recherche par terme n’a permis d’affecter une valeur à chaque attribut que pour la moitié des thèses environ (53% pour le type de milieu, 43% pour le groupe taxonomique et 49% pour le niveau de biodiversité, Fig. 1A-C).
Les milieux agricoles sont les plus étudiés (14%), suivis par les milieux forestiers (9.4%), les milieux marins (8.9%) et les zones urbaines (8.4%) (Fig. 1A). Les milieux aquatiques continentaux d’eau douce sont nettement moins étudiés (3%). Les thèses portant sur deux milieux représentent une part significative (8.1%) et s’intéressent majoritairement aux milieux agricoles et forestiers (31 cas sur 57). L’unique cas ‘3 milieux’ correspond à une thèse portant à la fois sur les milieux agricoles, forestiers et urbains.
Les groupes taxonomiques les plus étudiés sont les animaux (19%), puis les plantes (14.8%) et les bactéries/microbes (1.7%) (Fig. 1B). Nous n’avons pas détaillé le règne animal, mais une analyse un peu plus fine indique que les animaux les plus étudiés sont les oiseaux, les insectes et les poissons. Les thèses abordant deux ou trois de ces groupes constituent 8.8% des cas, dont un tiers porte sur animaux + plantes et un autre tiers les trois groupes (animaux + plantes + bactéries-microbes).
Les niveaux de biodiversité les plus étudiés sont à égalité l’écosystème ou la communauté (10.4%), puis la population (7.8%) et en dernier le niveau génétique (6.4%) (Fig. 1C). Un nombre conséquent de cas abordent deux niveaux (12%), mais les cas à trois ou quatre niveaux sont très rares (1.7%). Cela dit, il est fort possible que la part des thèses étudiant la biodiversité à l’échelle de l’écosystème soit surestimée dans la mesure où le terme ‘écosystème’ peut être employé dans le titre ou les mots-clés, sans que cela n’implique que l’étude soit réalisée à l’échelle écosystémique.
Une affectation manuelle de ces trois attributs à chaque thèse paraît nécessaire pour compléter, vérifier et affiner ces données, obtenues par une simple recherche automatique de termes dans le titre et les mots-clés.
Conclusions
L’analyse, certes assez partielle, de la répartition des thèses selon les types de milieux abordés, les groupes taxonomiques et les niveaux de biodiversité étudiés met en lumière que les thèses en écologie du paysage / écologie spatiale sont conduites plus fréquemment sur les milieux agricoles, s’intéressent plus souvent aux espèces animales et portent plus souvent et à égalité aux échelles de l’écosystème ou de la communauté.

Figure 1. (A) Répartition des thèses par grands types de milieu/paysage, selon les catégories suivantes : aucun, agricole, forestier, marin/océanique, urbain, aquatique continental d’eau douce, et leurs combinaisons (2 ou 3 milieux). A noter que la catégorie ‘3 milieux’ n’a qu’une seule occurrence. (B) Répartition des thèses par grands groupes taxonomiques, selon les catégories suivantes : aucun, animaux, plantes ou bactéries/microbes, et leurs combinaisons. (C) Répartition des thèses par niveaux de biodiversité, selon les catégories suivantes : aucun, génétique, population, communauté, écosystème, et leurs combinaisons (2 niveaux ou 3-4 niveaux). Le cas ‘aucun’ est très fréquent et indique que les termes utilisés n’ont pas été rencontrés dans le titre ni les mots-clés en français.
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